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comment pratiquer les gammes et arpèges majeurs et mineurs au piano

🇬🇧 → how to practice major and minor scales and arpeggios on the piano


Tempo

Comme le recommande l’édition japonaise du Hanon (voir les références ci-dessous), les gammes doivent être pratiquées entre 60 et 120 BPM. Commencez à 60 et augmentez progressivement le tempo (pas plus de 2 BPM par 2 BPM). Lorsque vous atteignez un certain BPM un jour donné, commencez votre pratique plus lentement (4 à 10 BPM plus bas) le jour suivant.

Doigtés

Dans l’édition belge/française, les doigtés appropriés, fournis par Alphonse Schotte (qui a révisé et augmenté l’édition originale du Hanon), sont listés à l’exercice 39 pour les gammes majeures et mineures (harmoniques) ainsi que les arpèges, et à l’exercice 43 pour les gammes mineures mélodiques. Dans l’édition japonaise, les gammes majeures et tous les types de gammes mineures sont regroupés au sein de l’exercice 39, tandis que les doigtés pour les arpèges se trouvent à l’exercice 41.

Les gammes sont présentées en suivant le cycle des quintes dans les deux éditions. Il est toutefois intéressant de noter que les tonalités se succèdent en ascendant (do, sol, ré, la…) dans l’édition française, alors qu’elles se suivent en descendant (do, fa, sib, mib…) dans l’édition japonaise.

Remarquez que les gammes mineures ont généralement les mêmes doigtés dans leurs versions harmoniques et mélodiques. Les seules exceptions à cette règle concernent les tonalités de do# et de fa# mineur. Lorsque vous pratiquez les gammes mineures mélodiques, veillez à jouer en mineur mélodique en ascendant et en mineur naturel en descendant, comme indiqué dans le Hanon. Pour un rappel sur la théorie relative aux gammes mineures harmoniques, mélodiques et naturelles, voir cet article.

Routine

Toutes les gammes et tous les arpèges doivent d’abord être pratiqués mains séparées (main droite et main gauche seules), puis mains ensemble, en suivant les étapes suivantes sans interruption :

  • monter et descendre la gamme sur une octave en noires
  • monter et descendre la gamme sur deux octaves en croches
  • monter et descendre la gamme sur trois octaves en triolets (de préférence deux fois pour développer la force)
  • monter et descendre la gamme sur quatre octaves en doubles-croches (de préférence deux fois pour développer la force)

Enfin, après avoir effectué ces étapes, toutes les gammes peuvent être suivies de ces progressions harmoniques simples également proposées dans le Hanon : IV6-I/5-V7-I pour les gammes majeures et IVmi6-Imi/5-V7-Imi pour les gammes mineures.


Références

Hanon, Charles-Louis. Le pianiste virtuose en 60 exercices. Bruxelles, Paris : Schott Frères, 1923-1929.

Hanon. The Virtuoso Pianist. Tokyo: ZEN-ON Music Co., Ltd. 1955.

les trois types de gammes mineures dans l’harmonie tonale occidentale

🇬🇧 → the three kinds of minor scales in Western tonal harmony


Mineur naturel

La gamme mineure naturelle correspond au mode VI de la gamme majeure, également appelé mode éolien (pour une révision complète des modes, voir cet article). En d’autres termes, elle comporte exactement les mêmes notes que la gamme majeure, mais elle commence et se termine sur le 6e degré de celle-ci.

Par exemple, la gamme de la majeur comporte les notes la si do# ré mi fa# sol# la. Le sixième degré de la gamme est ici la note fa#. On a donc la gamme mineure naturelle suivante : fa# sol# la si do# ré mi fa# (ce qui est identique au mode fa# éolien).

Une autre façon de voir les choses est de penser que la tonique d’une gamme mineure naturelle donnée se trouve une tierce mineure en dessous de la tonique de sa gamme majeure relative.

Par exemple, la gamme mineure relative de do majeur (do ré mi fa sol la si do) est la gamme de la mineur (la si do ré mi fa sol la). En effet, il existe bien un intervalle d’une tierce mineure descendante entre les deux toniques, do et la (pour une révision des intervalles, voir ce PDF).

Mineur harmonique

La majorité des étudiants en musique savent bien que le mineur harmonique correspond au “mineur naturel avec une septième élevée d’un demi-ton”. Mais pourquoi la dénomination de mineur harmonique ? D’où vient le caractère harmonique de la gamme ?

Considérez ceci : l’accord construit sur le cinquième degré de la gamme mineure naturelle est un accord de septième mineure (Emi7 dans la tonalité de la mineur). Pour obtenir une relation dominante-tonique semblable à celle qui existe dans les tonalités majeures (G7 à C par exemple, avec le triton fa et si se résolvant vers les notes mi et do), la tierce mineure de l’accord V doit être augmentée d’un demi-ton. L’accord Vmi7 devient alors V7 : un accord de dominante avec une tierce majeure (appelée note sensible parce qu’elle se résout un demi-ton plus haut vers la tonique). La gamme reflétant ce changement dans l’accord V devient mineure harmonique. C’est-à-dire que l’on a : la si do ré mi fa sol# la (ici, le sol# est à la fois la note sensible de la gamme mineure harmonique de la et la tierce majeure de l’accord construit sur le cinquième degré de cette gamme, E7). Vous me suivez ? J’espère que cela prend sens ! Si vous êtes avec moi, passons maintenant à la gamme mineure mélodique…

Mineur mélodique / jazz

Dans la gamme mineure harmonique, la septième majeure crée un intervalle d’une seconde augmentée, un “interstice” mélodique pour ainsi dire, entre le sixième et septième degré de la gamme (certains penseront que cela donne une impression “exotique” ou “moyen-orientale”). Cet “intervalle” peut s’avérer gênant pour une oreille occidentale qui s’attend à une série de secondes majeures et mineures, c’est-à-dire à des tons et des demi-tons (comme c’est le cas dans les gammes majeures et mineures naturelles).

En élevant la sixte d’un demi-ton (de fa à fa# en la mineur), on fait disparaître l’intervalle de seconde augmentée ; on “lisse” donc la gamme du point de vue des intervalles. Le résultat est ce que l’on appelle le mineur mélodique (ou encore jazz minor en anglais). En la, nous avons donc : la si do ré mi fa# sol# la.

En regardant la gamme sous un angle différent, on remarque qu’une gamme mineure mélodique donnée comporte toutes les mêmes notes que la gamme majeure qui lui est parallèle (donc basée sur la même tonique), à l’exception de la tierce, qui, bien sûr, doit être mineure (abaissée d’un demi-ton lorsque l’on passe de la gamme majeure parallèle à la gamme mineure mélodique en question).

Résumé

Nom de la gammeExemple en laRemarques
mineure naturellela si do ré mi fa sol laÉquivalente au mode éolien. Relative de la gamme de do majeur (les deux gammes partagent toutes les mêmes notes).
mineure harmoniquela si do ré mi fa sol# laPrésence de la note sensible (septième élevée d’un demi-ton), créant une tension harmonique et permettant d’avoir la progression V7-Imi.
mineure mélodiquela si do ré mi fa# sol# laÉquivalente à la gamme majeure parallèle (la majeur) avec une tierce abaissée d’un demi-ton (mineure au lieu de majeure).

Ces trois types de gammes mineures se retrouvent couramment dans le système tonal occidental. Il existe cependant une myriade d’autres modes et de gammes ayant une sonorité mineure (tels que les modes dorien, phrygien, éolien, locrien, ou encore la gamme mineure hongroise et la pentatonique mineure).

pentatoniques : les bases

🇬🇧 → pentatonics: the basics


Le terme “pentatonique” nous vient de la langue grecque : le préfixe penta-, “cinq”, et le mot tonos, “ton”, y sont associés pour évoquer l’idée d’une gamme à cinq notes.

Il existe bien entendu de nombreuses possibilités d’échelles de cinq sons au sein du système tempéré (division de l’octave en douze intervalles égaux, dits chromatiques). Nous porterons ici notre attention sur la gamme pentatonique la plus usitée et l’appellerons la pentatonique “globale”¹ (on retrouve en effet cette gamme dans les musiques de nombreuses cultures de par le monde).

[1] La pentatonique globale est fondée sur une succession de quintes ascendantes : do sol ré la mi.

[2] Une fois ces notes réarrangées au sein d’une seule octave, nous avons : do ré mi sol la.

[3] Les intervalles formés par les notes de cette gamme par rapport à sa fondamentale (do) sont :

  • une seconde majeure entre do et ré ;
  • une tierce majeure entre do et mi ;
  • une quinte juste entre do et sol ;
  • une sixte majeure entre do et la.

Comme tous les intervalles de cette gamme sont majeurs (mis à part la quinte juste), elle est souvent baptisée pentatonique majeure. Ce que j’appelle sa “formule”, qui associe des chiffres arabes² à chacun de ses degrés (contrairement aux chiffres romains communément utilisés pour représenter les accords construits sur chacun des degrés d’une gamme), est la suite de nombres : 1 2 3 5 6.

[4] Exactement comme pour les échelles majeures diatoniques à sept sons (do ré mi fa sol la si), la gamme relative mineure de la pentatonique majeure se construit en jouant toutes les notes formant la pentatonique majeure, en partant une tierce mineure en dessous de la fondamentale de celle-ci : la do ré mi sol.

[5] Les intervalles formés par les notes de cette nouvelle gamme par rapport à sa fondamentale (la) sont :

  • une tierce mineure entre la et do ;
  • une quarte juste entre la et ré ;
  • une quinte juste entre la et mi ;
  • une septième mineure entre la et sol.

Comme tous les intervalles de cette gamme sont mineurs (sauf la quarte et la quinte), elle est souvent appelée pentatonique mineure. Sa “formule” est : 1 b3 4 5 b7.

En résumé, voici les formules à savoir (accompagnées d’exemples ayant la note do pour tonique dans les deux cas pour faciliter la comparaison) :

Pentatonique majeure1 2 3 5 6do ré mi sol la
Pentatonique mineure1 b3 4 5 b7do mib fa sol sib

Notes

¹ Cette terminologie est utilisée par Michael Hewitt dans son livre Musical Scales of the World (voir Hewitt 2013).

² Plus exactement, il s’agit des chiffres communément utilisés en Europe qui nous viennent du système de numérotation indo-arabe.

Références

Hewitt, Michael. “Section 5: Pentatonic Scales.” Dans Musical Scales of the World, 125-134. The Note Tree, 2013.